INTERVIEW



Par The Undertaker lors du Fury Fest 2004 au Mans le 26/06/2004.
 

Les groupes de death metal brutal pullulent dans l’hexagone et il n’y a pas vraiment de recette miracle pour eux pour percer. Certains possèdent simplement un meilleur feeling que d’autres, ce qui est le cas pour Benighted qui a sorti cette année un album particulièrement crédible "Insane Cephalic Prod.". Le groupe nous en dit plus...

ARTeFACT : Votre dernier album « Insane Cephalic Prod » rencontre un bon succès en France, quels sont selon vous ses points forts ?
Olivier : On est allé enregistrer en Allemagne dans un studio dont le style ne nous correspond pas vraiment, et où beaucoup de groupes de chez Nuclear Blast enregistrent, mais qui nous a permis d’avoir un son mieux maîtrisé. On a plus exploité notre côté black au niveau des compositions tout en gardant notre approche scénique death / hardcore, et le résultat final est vraiment à la hauteur de nos espérances, à la croisée de nos différentes influences.


A : Cet album est celui de la révélation... 

Olivier : Oui, il nous a fait évoluer sur beaucoup de plans. Premièrement notre travail studio a été plus carré, plus professionnel. Ensuite la promo autour de l’album a été plus conséquente que sur notre travail passé et nous avons eu bien plus de propositions pour jouer sur des festivals. Les retours sont donc effectivement très bons et nous prenons encore plus de plaisir à nous produire sur scène.


A : La folie semble être votre thème de prédilection...

Olivier : En effet, c’est un peu le support de notre inspiration, notamment au niveau des textes car Julien, notre chanteur, est infirmier psychiatrique, donc c’est une approche différente de la manière dont les autres groupes peuvent en parler. Il connaît cela au quotidien à travers son métier donc il voit cela d’un oeil plus juste. De plus sa voix est vraiment impressionnante ce qui transmet bien l’énergie au public ou à l’auditeur. Pour aller plus dans le détail, cet album parle des problèmes psychiatriques de l’enfant et des traumatismes post-natals.


A : Ne pensez-vous pas que la psychologie est récupérée par les médias et voit sa crédibilité ainsi détériorée ?

Julien (chant) : C’est vrai que l’on en voit un petit peu partout et un petit peu n’importe comment, et j’ai envie de dire que ce sont souvent de gros clichés. On montre l’interne qui fait cela par passion ou le grand malade qui attire l’attention, mais on ne voit jamais le juste milieu qui représente en réalité le gros du travail. Personnellement, j’attache beaucoup d’importance à la crédibilité des paroles, le thème de la folie a été utilisé maintes et maintes fois mais j’ai souvent l’impression qu’avoir vu trois films d’horreur suffit à certains pour écrire. Pour ma part, je m’inspire de cas pathologiques réels, sans bien sûr transgresser le secret médical, pour construire quelque chose de cohérent. Ceci dit, c’est une simple source d’inspiration et il n’y a absolument pas de message dans Benighted.


A : Benighted est donc extrêmement lié à vos vies personnelles, où sont les limites pour un groupe amateur ?

Olivier : Il est difficile c’est vrai de trouver les personnes avec qui on peut s’investir à fond pour faire des concerts et sortir des albums régulièrement, et mis à part quelques problèmes de bassiste nous avons la chance d’être tous suffisamment motivés pour progresser.
Julien : Benighted est bien sûr pour moi un bon exutoire, c’est quelque chose de viscéral même si le plaisir premier est de jouer de la musique !


A : Votre présence au FuryFest est sans doute une belle récompense... 

Olivier : Oui bien sûr ! Nous ne pensions pas avoir la chance d’y être malgré nos côtés hardcore, c’est un honneur de jouer ici aux côtés de nos groupes favoris ! Je suis impatient de voir la réaction du public... [ndlr : la réponse dans le compte-rendu]


A : Benighted en trois mots...

Olivier : Brutal, dingue, « dans ta face » !





Site Officiel : www.staybrutal.com

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