INTERVIEW



Par The Undertaker, l
e 30/04/04 à Brest

 

ARTeFACT est allé rendre une petite visite aux Tagada Jones, qui ne cessent décidément pas de tourner, pour prendre quelques nouvelles du front. C’est dans une ambiance pour le moins joviale aux senteurs exotiques qu’ils nous accueillent…

ARTeFACT : Pouvez-nous resituer le dernier album, L’Envers Du Décor, par rapport à la carrière du groupe ?
Nico : On a fait deux mini-cd et L’Envers Du Décor est notre quatrième album. On a commencé en ’93 avec les moyens du bord, on a sorti notre premier mini-cd en ’95 et on a commencé à tourner un an et demi après. Plus De Bruit est sorti en ’97, Virus en ’98 et Manipulé en 2001 quand Gus est entré dans le groupe, ainsi qu’un split-album avec les Mass Murderers en 2000.
Steph : L’Envers Du Décor correspond bien à l’évolution du groupe, on essaie de ne pas faire des mêmes albums à chaque fois. C’est Nico qui compose la plupart des morceaux et on essaie de suivre ! On n’a pas de barrière, et en ce moment on revient même à quelque chose de plus rock !

A : Quelles nouvelles portes cet album vous a-t-il ouvert ?
Nico : Contrairement à d’autres groupes qui ont une grosse poussée médiatique, nous construisons notre édifice nous-mêmes. Ce nouvel album apporte juste sa pierre, il ne va rien changer au groupe. Nos ventes sont le fruit des albums et de nos tournées, il y a des villes où l’on est passé treize fois ! C’est une continuité et non un réel changement.
Steph : Il faut assumer quand tu choisis d’être underground… 

A : Vous avez tourné votre deuxième clip avec la chanson "Ecowar", l’expérience est-elle concluante ?
Nico : On fait cela surtout pour le Québec où il est diffusé beaucoup plus qu’ici. En France, sa diffusion se compte sur les doigts de la main tandis que là-bas ça marche beaucoup mieux. C’est d’ailleurs là-bas que l’on a rencontré la personne qui a produit le clip de "Manipulé" et d’"Ecowar", et qui prépare notre prochain DVD. C’est pratiquement le sixième membre du groupe.


A : Que pouvez-vous nous dire à propos de ce DVD ?

Nico : Ce sera un concert live qu’on va filmer en septembre, il contiendra un reportage sur la tournée qu’on vient de faire au Québec ainsi que des images des festivals d’été et nos clips. On le sortira pour novembre ou décembre. Il y aura bien sûr plein de petits bonus avec des vieilles vidéos et des archives photos où l’on fait bien nos atroces ! (ndlr : à qui le dites-vous ?!?). On sort également en ce moment une réédition des vieux cd avec trois reprises à la sauce de maintenant. 


A : Le fait d’écrire toutes vos paroles en français n’a-t-il pas été une barrière ?

Steph : Non au contraire. C’est grâce à cela qu’on a un tel succès au Québec, Montréal est une ville où tous les groupes énormes comme Slayer ou Metallica passent, mais ces groupes chantent évidemment en anglais, donc chanter en français est un gros argument pour ce public.
Nico : Et dans les pays d’Europe de l’Est, que tu chantes en français ou en anglais, ils ne comprennent rien ! Maintenant c’est sûr qu’aux Etats-Unis et au Royaume-Unis c’est pratiquement une nécessité. C’est cependant un exercice difficile pour des Français, car s’il y a la moindre trace d’accent tu n’es pas du tout crédible. Il faut maîtriser la langue plus que couramment.
Steph : Un album m’avait sidéré à ce niveau là, c’est Chaos A.D. de Sepultura. Il avait des paroles super minimalistes et pourtant il a très bien marché en Amérique du Nord, et ce avec l’origine brésilienne de Max Cavalera.


A : Avec plus de sept cents concerts au compteur et la création de Enragé Productions, Tagada Jones bénéficie d’une grosse crédibilité, ce qui tombe très bien car vous êtes un groupe à message…

Nico : Le messages est clair, c’est qu’on se fait enculer à longueur de journée, nos paroles sont très explicites. Les politiciens veulent faire croire que les messages des groupes ou de certains mouvements n’ont pas d’impact, or c’est totalement faux. Il y a un exemple flagrant en Angleterre avec le National Front qui s’est fait écraser grâce à l’association de groupes lors de gros concerts. Notre message est tout de même bien diffusé grâce à tous les concerts, tous ceux qui vont acheter le disque, ceux qui vont le graver ou entendre des morceaux à la radio. Il y a beaucoup de groupes qui font de la musique dure mais finalement rares sont ceux qui ont un message, ce qui nous rend encore plus spécifiques par rapport à la masse.


A : Votre public vous suit-il sur ce terrain là comme cela pouvait être le cas avec le mouvement punk dans les années ’80 ?

Nico : C’est différent car le punk n’était qu’une mode et tous le public se sentait concerné, tandis qu’aujourd’hui nous sommes totalement hors de cela. Les gens qui nous écoutent ne le font pas forcément pour le message, loin de là…
Steph : Nous attachons une grosse importance à la musique, aux riffs etc. ce que des groupes comme C.R.A.S.S. ou Conflict négligeaient complètement. Ils se servaient de la musique pour faire du bruit et comme support pour leurs messages. On a déjà joué avec GBH par exemple qui eux branchent leurs amplis et c’est parti ! Pas de balance, rien ! Chez nous, la musique est carrée.


A : Tagada Jones en trois mots ?

Steph : Sincérité, plaisir, ivresse. 


Site Officiel : www.tagadajones.com

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