INTERVIEW



Par The Butcher, à l'occasion de la sortie de leur premier album "Rio... Process Engaged", le 7 Novembre 2003.
 

Les strasbourgeois de S-Core viennent de nous sortir chez le label M10 un premier album de powercore pas piqué des asticots. La grosse claque que représente cet album "Riot... Process Engaged" justifie amplement que nous nous penchions sur ce groupe. Entretien avec son excellent chanteur, Jean Christophe...

 

ARTeFACT : Que signifie votre nom S-Core et le titre de cet album « Riot… Process Engaged » ?

Jean Christophe (chant) : En fait S-Core n’a pas vraiment de sens, c’est un nom qui sonne bien. Pour ce qui est du titre de l’album, c’était en fait le nom d’un morceau que nous n’avons pas gardé tel quel. Au lieu de ça on a décomposé ce titre en deux pour faire deux morceaux : « Riot » et le morceau instrumental d’ouverture de l’album « Process Engaged ». La réunion des deux colle bien à notre état d’esprit et au message que l’on veut faire passer.


ARTeFACT : Comment décririez-vous votre musique ?

JC : Je dirais que notre musique est brute, directe et agressive. On fait du powercore, autre terme qui évite la confusion entre notre style musical et le dérivé du heavy métal qu’on appelle aussi power métal. Et puis le « core » rappelle nos influences et notre passé plus hardcore.


ARTeFACT : Justement, « Riot… Process Engaged » n’est que votre premier album et bien que vos influences restent identifiables par moments, vous avez réussi à insuffler votre propre personnalité à votre musique, notamment grâce à ton chant presque hardcore : on voit que vous n’êtes pas des débutants… D’où venez-vous ?

JC : On a tous plus ou moins commencé à jouer de la musique il y a dix ans. J’ai personnellement fait mes débuts avec l’un de nos guitaristes avec un groupe appelé MAF. Nous avons fait une démo et quelques dates avant de splitter. Nous jouions à l’époque une musique moins violente, plus sautillantes, plus hardcore.
Notre autre guitariste et notre batteur jouaient eux dans le groupe Bloodshed.
S-Core est la fusion de MAF et Bloodshed.


ARTeFACT : Vous avez un côté brut de décoffrage qui renvoie aux débuts des groupes qui sont vos influences et qui ont eu tendance au fil des ans à s’assagir un peu en incorporant plus de mélodie… Pensez-vous rester dans cette veine ou bien inexorablement évoluer comme tous ces groupes ?

JC : En effet, la philosophie de S-Core est de faire une musique violente et « saute-à-la-gueule ». Il est certain que nous allons évoluer, mais je pense très sincèrement que nous resterons toujours dans une veine brutale et agressive. C’est notre crédo.


ARTeFACT : Qui est R. Vince Smith qui donne son nom à l’une de vos chansons ?

JC : C’est un de mes meilleurs amis avec qui je faisais des textes de chansons comme le titre « God Sells War » par exemple. Son véritable nom est Arnaud Durand et R. Vince Smith était son pseudo sur internet. Malheureusement cet ami est mort.


ARTeFACT : Si j’ai bien suivi, vous avez produit cet album via votre collectif (Dirty8) puis c’est Stéphane Buriez qui a fait le mixage… Comment ça s’est techniquement passé ?

JC : C’est l’histoire d’un coup de bol : un gars du groupe Boost nous a recommandé Stéphane Buriez et son LB Lab. On lui a envoyé notre démo et on a eu la chance qu’elle lui plaise et qu’il choisisse de s’occuper de la production de notre album. On l’a enregistré au LB Lab en trois semaines au mois de Mars 2003 puis on l’a mixé en juin en 10 jours.
Notre collectif, Dirty8 nous a aidé financièrement et administrativement pour réaliser ce disque. Nous avons aussi eu la chance : nous avons donné quelques démos en dépôt-vente à un ami d’un membre du groupe qui travaille dans un grand magasin de disques à Paris. Celui-ci a pris sur lui d’en remettre une à Jean Marc Tristani de M10. Celui-ci a accroché à notre musique et nous a signé. Nous avions donc un budget pour enregistrer l’album, ce qui était éminemment plus confortable. 


ARTeFACT : Vos textes sont très critiques vis à vis de la société et en particulier de la religion… quels sont vos griefs ?

JC : C’est une vaste question… Je dirais pour faire simple que nous essayons de lutter contre la pensée de masse et de pousser les gens à faire preuve d’esprit critique. Pour moi la religion est l’exemple type de la manipulation des masses qui a mené et mène toujours aux pires malheurs que l’humanité connaisse. Alors certes, tout cela est lié à l’utilisation et aux interprétations que l’Homme fait des textes religieux, mais je ne pense pas que l’on puisse dissocier la religion de ce que les hommes en font…
Musicalement parlant, chaque chanson présente un peu un problème lié à la pensée de masse et mes refrains sont des slogans qui résument le message du morceau. C’est une chose à laquelle je suis très attaché à l’image par exemple de Sepultura, une de nos influences majeures, qui scandait par exemple « Refuse, Resist ».


ARTeFACT : Vous faites quoi à côté de votre musique, pour vivre ?

JC : On bosse comme on peut… Un de nos guitaristes et moi sommes intermittents du spectacle. Les autres se débrouillent comme ils peuvent… On essaye de se libérer du temps pour se retrouver et répéter. On espère pouvoir en vivre un jour.


ARTeFACT : Vous avez déjà fait quelques dates (Marseille, La Rochelle…) quel est l’accueil du public ? êtes vous impatient de faire toutes ces dates d’ici la fin décembre ?

JC : Ah oui ! On adore jouer en live ! Sur ces premières dates, l’accueil a été très bon, notamment à Marseille où on jouait en première partie de Dagoba. Nous sommes très impatients de faire cette quinzaine de dates de fin d’année !


ARTeFACT : S-Core en trois mots ?


JC : Euh… dur dur… je dirais : Violent, Strasbourgeois et… Riot ! (rires)


ARTeFACT : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

JC : Oui ! Révoltez-vous et ne soyez pas des moutons ! et puis venez nous voir en concert !


Site Officiel : www.processengaged.com

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