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ARTeFACT : Vous avez la chance de tourner actuellement avec Incantation, Behemoth et Krisiun…
Jontho (batterie) : Oui, ce soir (ndlr : la Locomotive, Paris) est la quatrième date de la tournée qui en compte vingt-six. Nous traversons toute l’Europe avec un concert tous les soirs, c’est un rythme auquel nous ne sommes pas habitués mais pour l’instant ça va très bien. Il y a eu entre trois cents et cinq cents personnes sur les premières dates, et c’est ce que nous prévoyons pour le reste de la tournée.
A : Votre black est très primaire, comment réagit le public ?
Jontho :
Nous ne jouons pas en tête d’affiche bien sûr, mais le public est attentif à nos prestations. sans toutefois se déchaîner. Néanmoins cela dépend des concerts, des fois ce peut-être plat alors que d’autres fois il y a une véritable ambiance et un échange avec le public.
A : Ragnarok dégage même pour un groupe de black une image particulièrement violente, destructrice et malsaine…
Hoest (chant) : Ce n’est que le reflet de ce que nous ressentons en nous. La musique et les paroles sont pensées pour montrer toute la colère qui nous envahit. C’est un exutoire, la musique nous libère de notre mal-être. Nous nous servons pour cela de l’essence du satanisme, et de tout ce qui entoure la mort.
Jontho : C’est notre façon de concevoir le black, et c’est je pense comme cela qu’il a été créé.
A : Quelle approche du satanisme avez-vous ?
Hoest :
Dans le fond, c’est un moyen de combattre toutes les religions. Les gens sont aveuglés par elles, ils ne savent plus penser par eux-mêmes et sont spectateurs du désastre de l’humanité. Personnellement, je suis aussi intéressé par la magie noire.
Jontho : Il faut bien comprendre cela, ce sont aux individus d’avoir leur propre approche de la spiritualité, la notre s’incarne dans le satanisme car il s’agit de l’opposition à la chrétienté en tant que symbole de soumission de l’individu. C’est un concept de rébellion face à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, nous attaquons la chrétienté mais ce n’est qu’un exemple et nous n’en pensons pas moins des autres religions.
A : Ce concept est donc développé dans « Blackdoor Miracle », quel bilan tirez-vous de la sortie de cet album ?
Jontho
: Nos albums s’imprègnent bien-sûr de cette philosophie. Nous sommes très satisfaits de « Blackdoor Miracle », il est avec certitude notre meilleur album. Les réactions du public comme de la presse ont été meilleures que par le passé, nous sommes passés à un stade supérieur. Le groupe existe depuis 1994 donc cela nous a re-motivé et nous avons hâte de passer à la suite.
A : Le succès de la scène black norvégienne vous a t il aidé ou fait de l’ombre ?
Jontho
: Cela ne nous a jamais fait d’ombre car nous n’avons finalement longtemps été qu’un groupe local. La Norvège n’a pas une grosse population, et nous avons pas mal d’amis dans le milieu, mais les choses se font différemment. Il y a en réalité une compétition entre les groupes, donc il ne faut pas trop compter sur l’entraide (ndlr : le 10 août 1993 nous l’a bien montré avec l’assassinat de Euronymous de Mayhem par Count Grishnackh de Burzum). Chaque groupe veut être le meilleur et le plus gros, et la situation aujourd’hui est encore plus compliquée car il y a beaucoup plus de groupes que par le passé. C’est beaucoup plus dur d’obtenir un contrat de nos jours. Quant aux groupes comme Dimmu Borgir ou Satyricon, nous n’avons pas du tout la même approche qu’eux. Ces groupes sont médiatisés et doivent maintenant compter avec le music-business, et ils sont musicalement éloignés des racines du black. C’est leur droit, mais Ragnarok se veut fidèle aux bases du genre.
A : Ragnarok en trois mots…
Jontho
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Hoest : Agressivité, satanisme, racines.
Site
Officiel : www.ragnarokhorde.com
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