INTERVIEW


Par The Undertaker et Dark Beauty, peu après la sortie de l'album "There Was A Smell Of Frying".

Lors du concert du 21 Février 2004 à l'Ubu de Rennes.

 

Rescapé de la scène death gore française, Morgue fait encore couler de l’encre avec la réédition de leurs premières œuvres ensanglantées et cette tournée dans l’hexagone. C’est un groupe à la fois mature et sans réelle prétention qu’ARTeFACT est allé questionner lors de son passage à Rennes en première partie d’Inside Conflict…

ARTeFACT :  Un petit rappel de la carrière de Morgue s’impose…
Fred (guitare) : On s’est formé en 1997 sous forme de trio, sans jamais avoir trouvé de bassiste stable, et nous avons sorti un mini-cd, Bonecrunch, puis un premier album du nom de Artgore. En 2002 nous avons sorti The Process To Define The Shape Of Self-Loathing sur Adipocère et en 2003 There Was A Smell Of Frying sur EvilBiker. Nous avons passé huit mois aux Etats-Unis, où notre bassiste de l’époque s’est marié et est resté vivre. 


ARTeFACT : Pourquoi avoir changé de label à chaque fois?
Fred : Ce n’est pas un choix, il s’agissait juste de licences et nous n’étions pas signés sur ces labels, nous sommes habitués à faire les choses par nous-même, sauf pour l’avant dernier album dont Adipocère a financé la production. Ne pouvant pas combiner vie personnelle et impératifs de contrat, nous n’avons jamais pu espérer de choses plus sérieuses. Les relations personnelles que nous avons permettent de faire des tournées mais cela ne va pas plus loin.


ARTeFACT : Connaissez-vous les raisons de vos difficultés pour trouver un bassiste ?

Fred : Non, on a laissé les choses se faire, ça ne nous gênait pas de travailler en studio en enregistrant la basse nous-même, et les bassistes de tournée n’ont jamais pu rester avec nous pour des raisons de commodité. On vient d’une petite ville près de Nîmes où les musiciens ne sont pas légions. Notre trio original est d’ailleurs issu d’une bande de potes de lycée et c’est pour cela qu’on arrive à bosser ensemble aujourd’hui là-bas.


ARTeFACT : Pourquoi avoir choisi le nom Morgue ?

Fred : On était jeune et nous étions à fond dans le death gore, on voulait un nom qui pète… c’est tout. Avec le recul, on aurait peut-être choisi autre chose…


ARTeFACT : Vous êtes passés d’un visuel gore à quelque chose de plus soft, voire même indus…

Fred : Le séjour aux Etats-Unis nous a fait gagner en maturité, et puis on a grandi tout simplement… à nos débuts nous adorions les groupes underground comme Disgorge alors que maintenant on écoute de tout dans le métal et même le rock. A 27ans, je n’ai plus envie d’écrire ni de chanter « j’ai mon bras qui se pète » et compagnie, même si paradoxalement nos titres les plus récents sont aussi les plus extrêmes musicalement parlant.


ARTeFACT : There Was A Smell Of Frying est en fait une réédition de vos deux premiers opus, pourquoi cela plutôt qu’un nouvel album ?

Fred : Parce qu’on n’a pas de nouveaux morceaux… je rigole, c’est juste que ces albums n’étaient plus disponibles ce qui est dommage sachant que Artgore s’était écoulé à trois mille exemplaires.


ARTeFACT : Vous avez également enregistré un split-cd avec Last Day Of Humanity, qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Fred : Rien. (ndlr :décidément quel enthousiasme !) C’était une idée d’Evilbiker, cela nous aura peut-être fait connaître un peu plus mais mille exemplaires ont été pressés seulement.


ARTeFACT : Vous vous voyez comme un groupe de scène ou de studio ?

Fred : Au début, on était plutôt studio car on arrivait pas à jouer. C’est pour cela que nous sommes allés au Etats-Unis où on a commencé à vraiment tourner. Quand on est revenu, ça a décollé avec facilement cent dates par an depuis trois ans. Il y a aussi nos projets parallèles que nous n’avons pas abandonné contrairement à ce qu’on peut lire qui nous permettent de faire d’autres choses en terme de création, même si cela se passe avec les mêmes musiciens !


ARTeFACT : Morgue en trois mots…

Fred : Trio, death, pluralité.

Chronique de There Was A Smell Of Frying 

Site Officiel : http://www.morgue.fr.st

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