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A : Meshuggah est connu pour être un groupe difficile à répertorier grâce à ses compositions originales et ambitieuses, tu dois être un batteur pour le moins épanoui…
Tomas Haake : Oui, bien sûr ! Je ne joue pas grand chose d’autre que du Meshuggah et cela me suffit, je suis en réalité une personne assez fermée qui ne peut pas jouer beaucoup de styles différents. Cela a toujours été ainsi et je ne me vois pas m’essayer à d’autres choses comme le jazz par exemple que beaucoup de bons batteurs maîtrisent. Meshuggah correspond à 100% à ce que je veux.
A : Pour vous démarquer ainsi des tendances, il ne doit pas y avoir que la musique qui vous inspire…
T.H.: En général, notre inspiration ne vient pas du tout de la musique ! Elle provient d’horizons divers comme le cinéma, l’art plastique ou les livres. Quelque part cela purifie notre travail de ne pas écouter beaucoup de musique. Les raisons ne sont pas forcément volontaires, c’est notre métier et nous jouons déjà beaucoup, alors sur notre temps libre nous avons tendance à nous intéresser à des choses différentes. Pour ma part, j’écoute notamment du rock sudiste et de la musique électronique, et peu de métal. C’est aussi un moyen de ne pas se lasser après toutes ces années et de rester inspiré.
A : A l’inverse, on dit que vous influencez beaucoup de monde, et pas des moindres puisque beaucoup de journalistes ont écrit que votre influence était très présente sur « St Anger » de Metallica. Êtes-vous d’accord avec cela ?
T.H.: Je ne pense pas que ce soit vrai. Il y a certes des ressemblances au niveau du son et de l’accordage, mais la démarche de Metallica est radicalement différente de la nôtre. A leur échelle on ne peut pas se dire : « tiens, essayons de faire un album comme eux pour voir ce que ça donne ». Ils voulaient un album qui réunifie le groupe et qui rajeunisse leur image. Nous avons rencontré le groupe il y a deux ans environ, et ils nous ont dit qu’ils appréciaient beaucoup Meshuggah. Cela a sans doute suffit à certains journalistes pour récupérer cela et dire que ça allait plus loin mais c’est faux.
A : Que penses-tu de la scène suédoise qui a le vent en poupe actuellement ?
T.H.: Elle est très bonne, et pas seulement à l’intérieur de nos frontières. Nous n’avons pas tant que ça de très bons groupes, mais ils ont du succès à travers toute l’Europe et même plus. Je pense à Soilwork, In Flames, The Haunted ou Darkane par exemple. Il faut simplement garder un certain recul par rapport à cela et ne pas bombarder le marché d’albums qui se ressemblent. La scène finlandaise a beaucoup souffert de cette surabondance, il faut éviter de faire les mêmes erreurs.
A : Meshuggah en trois mots…
T.H. : Art, agressivité, intéressant.
Site
Officiel : www.meshuggah.net
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