INTERVIEW



Par The Undertaker et The Butcher, pour la sortie de leur deuxième "Spherical Mirage", le 21 Février 2004.
 

Après l'énorme "Unearthed From Wonderland" en 2001 dont j'ai gardé des séquelles, les poitevins d'Inside Conflict reviennent en force avec un nouvel album pas piqué des asticots qui cache bien sa furie sous le nom de "Spherical Mirage". Un nouvelle claque qui demande quelques explications avec le groupe lors de son passage en concert à l'Ubu à Rennes...

ARTeFACT : Pour commencer cette interview, commençons par le titre de ce nouveau brûlot : « Spherical Mirage »… mais encore ?
JB (guitare) : On a eu du mal à en trouver un, au moins cinq titres ont été avancés, on voulait quelque chose d’ouvert. Un mirage sphérique est une théorie astronomique comme quoi l’espace et le temps ne seraient qu’une illusion ce qui rejoint le thème de l’album : l’illusion dans un sens large. Nous laissons la subjectivité dans l’interprétation, la sphère peut être la Terre mais aussi l’œil par exemple.
David (basse) : Ou le bide à bière… [rires]


ARTeFACT : Quel message souhaitez-vous faire passer à travers cela ?

JB : C’est un regard sur la société, nous sommes énormément manipulés par les médias et nous voulons inciter les gens à penser par eux-mêmes et à avoir le maximum d’indépendance d’esprit. Le morceau "March Of The Slaves" parle justement de l’illusion, Live [ou life je sais pas !] Control traite du pouvoir de la télévision, mais "Pyromaniac" par exemple est différent, on essaie d’entrer dans la tête d’un pyromane pour savoir ce qui le pousse à brûler les choses. On aborde aussi des thèmes plus pessimistes comme le suicide, mais par rapport au précédent album on est plus rentre-dedans au niveau des textes et moins métaphoriques. Enfin nous ne sommes pas un groupe à message précisément…
David : Je découvre de quoi ça parle ! [rires]
Jérôme (Chant) : Le message est qu’il n’y a pas de message, il suffit de lire mes textes pour comprendre… Tout ce qui nous entoure est faux, à commencer par la télévision.


ARTeFACT : Votre musique mêle hardcore et death metal au point qu’il est assez difficile de savoir qu’elles sont vos origines musicales… alors hardcore ou death ?

JB : On compose comme ça vient, ce n’est pas le genre de question qu’on se pose.
Jérôme : Le death a juste une influence musicale avec des groupes comme Suffocation [ndlr : qui se reforme !], Morbid Angel, Nile, enfin pas mal de choses des années ’90, Dismember, Obituary…


ARTeFACT : Il s’agit donc d’une évolution naturelle, ce n’était pas votre idée de départ que de mélanger les deux styles…

Jérôme : Voilà, quand je suis arrivé à Poitiers [ndlr : d’où est originaire le groupe] je ne connaissais même pas le métal…

ARTeFACT : Sur ce nouvel album vous vous amusez en incorporant encore d’autres influences comme du stoner rock sur le premier titre « March of the slaves » ou des éléments plus rock’n roll par moments et même un morceau acoustique avec du violoncelle ! Est-ce pour rendre hommage à vos influences ou pour alléger votre musique ?

JB : La particularité de cet album est que justement inconsciemment on a incorporé d’autres influences, c’est peut-être dû au changement de line-up quand nous sommes passés de cinq à quatre. Plus ça va aller, plus notre musique va s’ouvrir. L’erreur qu’on ne voulait pas faire était de s’enfermer dans un truc gavant, on voulait que les morceaux lourds aient le maximum de relief et que les morceaux plus calmes se démarquent bien.

ARTeFACT : Vous avez toutefois gardé une production assez roots…

JB : Oui, je pense qu’on a réussi à retranscrire l’énergie de la scène sur l’album grâce à cet aspect là. On a enregistré avec Stéphane Buriez [ndlr : guitariste/chanteur de Loudblast et producteur] qui fait des trucs vachement propres, et la première chose qu’on lui a dit est que justement nous voulions quelque chose de crade ! Il a bien capté ce qu’on voulait et le résultat final est exactement ce qu’on voulait.
Jérôme : …quelque chose d’assez organique comme le dernier Morbid Angel, mais on voulait qu’on entende bien chaque instrument.


ARTeFACT : Vous semblez être très soutenus par Overcome (j’ai vu votre cd en écoute dans un Leclerc culture !)…

JB : Vous nous l’apprenez ! C’est sûr qu’au niveau de la promo ils font un boulot sensationnel et c’est un peu ce qui nous a poussé à renouveler l’expérience avec eux. 
Jérôme : Vous voyez ça comme un point positif ou négatif dans votre question ?

The Undertaker : ça peut paraître paradoxal qu’un groupe qui conteste le pouvoir des médias soit présent dans des temples du capitalisme comme celui-là…

JB : C’est-à-dire qu’ils le font pour nous comme pour n’importe quel autre groupe, et que ça soit Leclerc ou Virgin c’est le même problème… c’est certain qu’il y a là un grand débat.


ARTeFACT : Quels retours avez-vous sur « Spherical Mirage » ?

JB : L’album vient de sortir et les premières chroniques commencent seulement à arriver, les gens ont l’air d’aimer pour l’instant… ou alors ils sont polis ! [rires] De toutes manières, il y en a qui vont aimer, d’autres non, tout ce qu’on veut c’est que les gens passent un bon moment et qu’ils soient le plus nombreux possible à en profiter.


ARTeFACT : Attendez-vous quelque chose de particulier du concert de ce soir à Rennes qui est la capitale du hardcore en France ?
David : Une grosse cuite !

JB : Ce soir est un peu particulier c’est sûr, il y a beaucoup de monde qu’on connaît : les gens Overcome, les autres groupes comme Morgue, Aside From A Day et Born From Pain qu’on connaît bien… Mais sinon le show reste le même comme sur toutes les dates.


ARTeFACT : De nouvelles ambitions à l’étrangers ?

JB : Non pour l’instant on se contente de nos projets actuels c’est-à-dire la tournée, et on n’a pas non plus les contacts pour aller aux Etats-Unis par exemple. Si ça se présente on ira, mais on ne cherche pas à le faire.
Jérôme : Et le fait d’être Français ne nous aide pas !


ARTeFACT : Inside Conflict en trois mots pour terminer…

David : [prout], [rot], [rires]
Jérôme : Énergie, Rage, Fun.




Site Officiel : www.insideconflict.fr.st

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